Un architecte-auteur de lieux uniques.

Michael Malapert, architecte d’auteur

Il fait de l’approche globale de l’espace son trait de caractère. Michael Malapert est un architecte d’intérieur de son temps. Convaincu et inspiré au-delà de l’usage, il cherche à révéler le supplément à vivre d’un lieu. Son sel, sa particularité, parfois imperceptible à l’œil nu, provoque l’émotion, déclenche l’expérience.  « Je suis la synthèse d’un père architecte, maîtrisant parfaitement les espaces et d’une mère homéopathe soucieuse des équilibres de la vie » analyse -t-il.

Diplômé de l’Ecole supérieure d’art et de design de Saint-Etienne, il rejoint les équipes de Philippe Starck. Puis s’émancipe pour prendre la direction de projets d’envergure à Shangaï, Bangkok, Londres ou Marrakech. Rattrapé par son désir de concevoir une architecture capable d’améliorer le vivre ensemble, il décide en 2007 de revenir à Paris, la ville, qu’il aime. Il crée son propre studio de design et d’architecture d’intérieur. Cette fois, il peut dérouler pleinement son approche globale, enracinée et créative. Il imagine des lieux sur-mesure, pérennes, en s’appuyant sur la complicité d’artistes fidèles. « Ce que l’on retient d’une adresse, c’est avant tout une sensation » rappelle-t-il. Ces espaces mixtes (hôtels, restaurants, bars) s’imposent avec la force d’une évidence. Et d’expliquer « Ma démarche consiste à rechercher, comprendre et déployer les ressources d’un lieu, libérer son potentiel. Rien de recomposé, de surfait, de trop ajusté ».

Son vocabulaire architectural en évolution permanente, s’inspire de ses rencontres et des mutations sociétales, « Les réseaux sociaux ont modifié la manière de concevoir les lieux publics, AirbnB a révolutionné l’hôtellerie, l’impression 3D chamboule la manière d’imaginer, de fabriquer et de vendre un objet ».  En phase avec l’époque, il signe à Paris plus d’une vingtaine de lieux racés et distincts.

L’expérience de l’architecture

Juxtaposition visuelle des styles, coupes précises, sens quasi instinctif pour révéler le substrat d’un lieu, voilà ce que l’on retrouve dans les lieux de Michael Malapert « L’espace à vivre doit être synonyme de liberté et de vitalité » assure-t-il et de poursuivre « il doit procurer une expérience de vie polysensorielle unique ».

Celle-ci démarre parfois d’un matériau, du nom d’une rue dans laquelle le projet se situe, de la personnalité d’un propriétaire… » Ainsi, pour le projet de restaurant A Noste, avec la complicité du Chef Julien Duboué (Paris 12), il a mélangé de grandes tables d’hôtes, des armoires à vin avec un foodtruck pour réaliser un terrain de jeu taillé à la dimension de la cuisine, généreuse et festive. Plus qu’un effet de décoration, il cherche à susciter un état d’esprit. Celui-ci se veut militant chez Les Fauves (Paris 14). Dans ce lieu hybride et engagé en faveur d’une cuisine saine, les plats raffinés sont exécutés à la braise dans un cadre jungle brut cassant net les codes d’une bistronomie bourgeoise…

Sa force tient dans sa capacité à ancrer les espaces dans un monde réel. Quitte à en bousculer les codes, les frontières, décloisonner les idées. « Un hôtel peut abriter une galerie d’art, un bar peut devenir un lieu de prise de paroles, d’expression » ajoute Michael Malapert. Il façonne jusque dans la toile inspirée d’une gravure à l’encre du XVIII le renouveau du café Nemours (l’institution parisienne du Palais Royal), repense la terrasse de Maison Blanche (Paris VIII), invente un concept de cantine-épicerie bio pour Yuman (XIII) et imagine des concept-bistrots audacieux devenus des lieux emblématiques à l’instar de La Maison Bleue (X), le bar de l’Hôtel Jules & Jim (III), les Fauves (XIV). Rive gauche, il remet au goût de l’époque un lieu pour élégants, l’hôtel André Latin (Paris IV). Subtil mélange de mobilier belle époque et de détails contemporains. Son approche décomplexée et exigeante impose une rigueur sans faille… des techniques de construction, au choix des matériaux en passant par la palette chromatique.

Et au bout de cette démarche sur mesure, ses bars, hôtels et restaurants possèdent ce petit goût de l’époque, ce supplément à vivre. « Si l’architecture est un catalyseur social, les espaces publics en sont les nouveaux territoires d’expression. »